De la préparation à la compétition

Comment gérer le changement de rythme entre la pré-saison et le début des compétitions ?

Je sais pas si c’est comme cela pour tous les surfeurs ou même les athlètes en général, mais mon rythme en pré-saison est bien différent de mes périodes de compétition. Les saisons de surf sont longues: nous débutons en Australie mi février et nous finissons mi décembre à Maui. Nous avons deux mois « off » entre l’étape finale et le début de la nouvelle saison et c’est à cette période que j’en profite pour rester chez moi, à la Réunion, pour me ressourcer, passer du temps avec ma famille mais surtout m’entrainer pour la saison à venir. Deux mois, ça passe vite, très vite.

Le débriefing
On commence alors par une phase de remise en question, on met à plat tout ce qu’il s’est passé dans l’année. On en sort les points positifs et négatifs pour mieux repartir et être dans une nouvelle dynamique d’entrainement. Souligner ce qui n’a pas fonctionner permet d’ajuster notre façon de faire. Mettre en évidence ce qui à marcher, permet de nous appuyer dessus pour la suite et construire un nouveau projet pour la saison à venir.

La Base
L’entrainement hors compétition consiste à:
–  créer une base physique solide pour l’année à venir: la saison est longue et il faut arriver en Australie en forme et maintenir ensuite cette forme… Donc, s’il y a des capacités physiques à développer c’est à l’inter-saison que cela se passe.
– travailler un ou deux points techniques: faire évoluer mon surf est le point central de l’entrainement et tout tourne autour de cela.  Comment améliorer un carve ou un layback par exemple.
– réfléchir à ce qui  peut être améliorer niveau matériel: quelles planches, quelles dérives, pour quelles conditions, pour quelles manoeuvres et quelles compétitions. On réfléchit à comment améliorer une manière de surfer telle ou telle vague en modifiant des cotes (épaisseur, largeur, longueur) et/ou des shapes (modèles, tail, rocker…). Il y a une infinité de paramètres…
– analyser des vidéos: savoir s’analyser en compétition pour identifier des comportements et décrypter des manoeuvres, et en faire autant avec l’adversaire.

S’adapter et se diversifier
Étant donné les conditions de surf à la Réunion, j’ai pris l’habitude de faire différents de sports pour me maintenir en forme. De plus cela me permet de complètement déconnecter avec le surf et le milieu du surf. Je pense que ça dépend des gens mais j’en ai besoin pour mieux repartir.
Je fais donc de la course à pied, du VTT, du vélo de route, du skate, du trail, de la slackline, de la natation/rame et évidement de la musculation (générale ou spécifique surf). J’ai deux à quatre entrainements par jour à la Réunion. C’est devenu une nécessité pour moi de faire d’autres activités et de repousser mes limites dans ces sports dans lesquels je n’ai aucune expérience afin de mieux repousser mes limites dans mon sport. J’adore cette partie de mon travail !

Se changer les idées
Etre prête pour la nouvelle saison, c’est aussi avoir fait un « reset » mentalement et émotionnellement: reprendre une routine à la maison avec les amis et la famille, profiter de chacun au maximum et savourer chaque instant pour se créer des souvenirs dont on aura besoin quand on sera loin…
Etre prête à dire de nouveau au revoir à ses proches.
Et surtout être prête à montrer que tu as bosser.

Nouveau départ
L’Australie est une destination que j’aime bien ainsi que l’effervescence du début de saison. Tout le monde a travaillé chez lui et compte bien le montrer. Généralement je fais un ou deux WQS pour prendre mes marques et remettre un lycra. C’est un test grandeur nature! Le rythme de compétition est bien différent de celui d’entrainement. Ma priorité est de surfer, découvrir / comprendre le spot de compétition et souvent essayer de nouvelles boards sur celui-ci.
Ensuite, je mets l’accent sur le yoga. En effet le yoga est un outil que j’utilise pour m’étirer et pour penser à autre chose. Les périodes de compétition sont longues et il y a beaucoup de moments d’attente. Il faut savoir s’occuper, se concentrer mais pas trop, être prêt sans être prêt. C’est particulier. Je suis bien souvent plus fatiguée émotionnellement que physiquement.
Ce rythme de compétition est un peu dur pour moi car j’aime bien me dépenser et toujours faire quelque chose, or je dois me contrôler et garder mon énergie principalement pour la compétition.
Je pense personnellement que la clé de la réussite est dans la discipline et l’organisation, il faut savoir s’imposer des règles. C’est difficile de le faire tout le temps mais en tant de sportif de haut niveau, tous les jours comptent et un jour peut faire la différence. C’est ce qui fait que la pression est constante. C’est un point que je travaille encore.

Débuter une nouvelle saison est une expérience particulière. Le classement de l’année précédente est acté mais tout le monde repart à zéro niveau ranking. Chacun a profité des deux mois de coupure pour se ressourcer, s’entrainer et préparer la nouvelle saison. Chacun a bosser et chacun veut le montrer dès la première étape. Il faut être prêt(e).  L’entrainement a été judicieusement dosé, que ce soit sur le plan physique ou mental. Des choix ont été pris et sont assumés. Rien ne doit être laissé au hasard. La confiance se construit à travers tout cela, tout ce qui a été travaillé. On a tendance à dire que le job est fait, maintenant il faut se focaliser sur la compétition. Et c’est justement parce que tout a été préparé en amont, que la concentration est optimale et n’est pas parasité par les doutes.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s