Force x Vitesse = Puissance

C’est en théorie la formule que chaque préparateur physique a en tête lorsqu’il entraine un athlète. Ce sont ces paramètres sur lesquels nous travaillons en musculation à savoir la force (F) et la vitesse (V) que sont capables de produire un muscle, un groupe musculaire et une chaine musculaire. Quand on parle de contraction musculaire, on fait appel à la force et à la vitesse de contraction qui traduisent donc sur le terrain une puissance (exprimée en watts) lors du geste sportif.
Sur une année, nous n’avons réellement qu’un seul cycle suffisamment long lors de l’intersaison pour développer des qualités physiques; le reste du temps nous travaillons sur des micro-cycles qui ont pour vocation de faire des rappels (de force et de vitesse). Sur ce cycle, nous abordons donc plusieurs micro-cycles plus ou moins imbriqués les uns dans les autres. Nous commençons généralement par l’endurance de force pour basculer progressivement vers la puissance-force puis la force max, la puissance-vitesse et enfin la vitesse max.
Suivant le profil force-vitesse de l’athlète, nous choisissons la direction prise à l’entrainement: il sera alors orienté vers la force ou vers la vitesse selon ses besoins. Pourtant, si l’athlète a un déficit de vitesse, on ne va pas pour autant le priver de force! En revanche, on mettra l’accent sur la vitesse même lorsqu’il travaillera des séries de force. Si je veux rendre mon athlète puissant, je dois agir sur ces deux paramètres, sans négliger l’un d’eux!
Dans le cas de Johanne, après des tests sur le terrain en février 2018, nous avons constaté un déficit de vitesse dans son profil. En améliorant donc ce paramètre, tout en maintenant un niveau de force acceptable, nous espérions donc qu’elle gagne en puissance. Voici donc ses résultats mesurés sur des CMJ en fin de cycle, 10 jours avant la reprise de la compétition le 8 février 2018  puis le 5 mars 2019, soit à 13 mois d’intervalle. Sans entrer dans les détails du profil F/V, nous prendrons en considération les résultats des sauts verticaux:

  • elle passe de 28,65cm à 34,93cm sur son max. Pour info, elle réalise 28,64cm en 2019 avec 10kg sur les épaules, soit son meilleur saut à vide en 2018.
  • en février 2018, ses 4 sauts verticaux se font à des vitesses comprises entre 0,92 m/s (lestée à 28kg) et 1,19 m/s (à vide). En mars 2019, elle saute à 0,99 m/s pour son saut lesté à 30kg et 1,31 m/s pour son saut à vide!
  • Enfin, au niveau de la puissance, en 2018 son pic se situait à 1365 watts tous sauts confondus. En 2019, ses 4 sauts sont compris entre 1419 et 1616 watts. Son profil F/V enregistre ainsi un gain de l’ordre de 5 watts par kg de poids de corps! (20,6 contre 25,5 w/kg)

En conclusion, ces résultats mettent en évidence un gain considérable de puissance (W) grâce à une orientation de l’entrainement vers la vitesse (développement) tout en maintenant un travail de force en parallèle pour conserver les acquis (bien qu’il y a une légère augmentation de la force sur les sauts, elle n’est pas significative).  Avec cette amélioration de la vitesse, son profil présente désormais un déficit de force qu’il faudra rétablir. Il n’existe donc pas vraiment d’équilibre dans le profil, encore moins tant que l’athlète montre encore des signes de progression. Tant que l’on peut continuer à développer la puissance, nous continuons d’agir sur les paramètres de force et vitesse en faisant des choix dans nos objectifs d’entrainement musculation.

 

 


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