Et le temps qui passe…

Dans chaque discipline sportive, la gestion du chronomètre est un paramètre important: le sportif dispose d’un temps défini ou doit réaliser une performance en un minimum de temps.
Dans le surf, une série se limite généralement à 30 minutes. Dans ce laps de temps, le surfeur doit gérer son effort en fonction de sa stratégie préalablement définie. Il ne s’agit donc pas de démarrer sur chaque vague et de s’asphyxier ainsi en ramant à fond pendant 30 minutes. La gestion du temps est ainsi liée à la gestion de l’énergie dépensée en rapport avec la stratégie.
La gestion du temps se fait en 2 temps:

  • à l’entrainement, nous utilisons la chronométrie pour établir le temps que Johanne passe à ramer et celui qu’elle passe à surfer pendant une série. Cela nous permet de différencier les filières énergétiques sollicitées en fonction des efforts et d’adapter ainsi l’entrainement physique en fonction de ces critères. Ainsi, nous connaissons ces temps pour les 10 vagues visitées sur les 10 manches du World Tour. Par exemple, Snapper Rocks est une vague qui dure en moyenne 28 secondes pour Johanne avec une manoeuvre toutes les 4 secondes et nécessite parfois jusqu’à 5 minutes de rame pour revenir au line up. A l’opposé, la vague artificielle du du Ranch dure exactement 55 secondes avec une manoeuvre toutes les 6 secondes et sans aucune rame de replacement. Ces paramètres nous aident ainsi à adapter l’entrainement en amont de la compétition (endurance, explosivité, résistance…).
  • en compétition, la stratégie détermine à elle seule la gestion du chronomètre. Nous partons du principe que Johanne est prête physiquement à encaisser les conditions du jour, quelles qu’elles soient. Ainsi, plusieurs scénarios sont envisagés (plan A, plan B…). Nous choisissons comment attaquer la série, quel rythme lui donner, comment construire le score dans le temps, comment gérer le leadership ou la recherche du leadership, comment gérer les priorités et non priorités…

Voir défiler le chronomètre est toujours une source d’anxiété. Le fait d’avoir un plan à suivre permet ainsi de mieux gérer cette anxiété en avançant marche par marche. Le plus difficile est souvent de suivre le plan pour ne pas se retrouver dépassé par les évènements.

Hier, Johanne a perdu sa série du 3ème tour à Bells Beach, peut être en partie à cause d’une mauvaise gestion du chronomètre. Elle a peiné à trouver le rythme de la série dès le début et s’est vite égarée sur le spot en perdant de nombreuses minutes. Dans une série de 40 minutes, pourtant longue, elle n’a réagi que trop tard. Dans cette gestion du temps, elle devait également gérer 3 adversaires avec des priorités et un spot capricieux avec des opportunités sur deux pics distincts. Son erreur a été certainement de prendre trop de temps avant de faire des choix: à perdre du temps, elle perdait aussi des opportunités.


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