Dengue etc…

Après Margaret River début juin, Johanne est passée quelques jours à la Réunion avant d’enchainer avec la 5ème manche au Brésil. En théorie, 5 jours de repos mérité chez elle avant un long voyage de 36 heures, via Maurice, Dubai et Rio (dont un vol de 14 h non stop). Malheureusement, elle a contracté le virus de la dengue, notamment à cause de l’épidémie en cours depuis plusieurs mois sur l’île. Le jour du départ, le vendredi 14 juin, elle était clouée au lit, avec de la fièvre et des douleurs musculaires. Sans tarder, nous avons décalé les billets au lundi et fait des analyses de sang qui ont vite confirmé le diagnostique. Après 3 jours clouée au lit, Johanne était sur pieds le lundi 17 juin, mais les analyses de sang n’étaient toujours pas favorables à un départ pour le Brésil…

Annulation des vols ou report des billets au lendemain? Nous nous sommes posés la questions, étant à seulement 3 jours de la compétition. Plusieurs éléments nous ont aidé à prendre la décision d’y aller:

  • Saquarema est l’unique gauche du tour, soit une grande chance de résultat pour Johanne qui, après 4 manches, en a bien besoin. L’espoir d’une bonne performance est un élément motivant pour elle…
  • Déclarer forfait est une option possible à J-2 car des trials sont organisés la veille de la compétition et la WSL peut donc choisir les deux finalistes au lieu d’une seule. Ce résultat compterait alors comme un joker pour Johanne qui en a droit à deux sur la saison. En revanche, elle se prive du prize money, ce qui peut paraitre un détail pour d’autres mais qui l’est moins pour nous.
  • L’élément qui fait pencher la balance est le jet lag: nous savons qu’avec 7 heures de décalage horaire, il faut quelques jours sur place pour habituer son organisme et régler son horloge biologique en vue de performer. Or, nous savons aussi que de nombreux sportifs ont un calendrier chargé et doivent composer avec le jet lag: pour cela, des études ont montré qu’il existe un lapse de temps pendant lequel l’organisme s’adapte au décalage et n’est donc pas performant. Ce lapse de temps se situe entre 1 et 5 jours selon les individus (on parle même d’un jour par fuseau horaire traversé pour un sédentaire). C’est à dire qu’en arrivant juste avant l’épreuve, les effets du jet lag ne se font pas encore ressentir. Notre décision est donc prise d’arriver moins de 24 heures avant le début de l’épreuve, sachant que depuis la Réunion, le décalage horaire est positif.
  • Enfin, affaiblie par la maladie et fatiguée par le voyage, Johanne a peu de chance de réaliser sa meilleure performance. En revanche, ce que nous savons c’est que le décalage horaire qui peut entrainer une privation de sommeil n’aura que peu d’incidence sur sa performance. Pourquoi? Parce qu’au moment de performer, son horloge biologique sera calée sur la Réunion, soit 14h30-15h00 et que d’autre part, une privation de sommeil n’a quasiment pas d’incidence sur un effort anaérobie (pas de modification du pic de force, ni de la puissance et la capacité anaérobie). Donc sur une série de 30 minutes, le plan sera de ramer très peu (pas de paddling battle, pas de déplacements longs), identifier un pic et attendre les opportunités sur la zone. Un effort aérobie serait mal venu et difficile à encaisser.

Le mardi 18 juin, nous embarquons donc pour Rio en milieu d’après midi, en essayant de calquer au mieux notre rythme de sommeil sur celui de la Réunion, et non celui du pays où nous nous rendons comme nous le faisons d’habitude. Mercredi 19 juin, nous arrivons à Rio, à notre hébergement à 20h (soit à 3 heures du jeudi matin à la Réunion) après avoir dormi dans l’avion et le shuttle, et nous filons nous allonger. Jeudi matin à 5h00 nous sommes debout pour un réveil musculaire, à 6h30 Johanne est l’eau après 10 jours sans surf et quasiment 6 jours de repos total sans le moindre effort physique. A 7h30 la compétition débute, Johanne est 1ère série et surfe en compétition moins de 12 heures après son arrivée, il est alors 14h30 à la Réunion, une heure à laquelle son organisme est complètement opérationnel!

Ce qui a rendu cela possible est également l’aptitude de Johanne à contrer les effets du jet lag: habituée à voyager ainsi depuis des années, elle est capable de dormir facilement en avion, prend souvent le temps de marcher et s’étirer en vol et s’hydrate en conséquence. Ces 3 paramètres sont très importants pour faciliter l’adaptation de l’organisme. D’autre part, sa routine d’entrainement quotidienne intègre des exercices utiles pour contrer le jet lag: aérobie (facilite l’endormissement et améliore les phases de sommeil), respiration, méditation et étirements (facilite la détente et l’endormissement).

Lors de cette 5ème manche du World Tour, Johanne perd au premier tour de justesse mais montre des choses intéressantes et une qualité de surf au delà de nos espérance. Le lendemain, 36 heures après notre arrivée, elle gagne le second tour dans des conditions peu évidentes avec de bons scores et un surf de qualité même si on sent que l’effort est encore difficile pour elle. Enfin, le surlendemain, 60 heures après notre arrivée, elle perd au 3ème tour dans des conditions de mer solides où les déplacements à la rame sont essentiels… Trop limitée par cet effort physique, elle peine à trouver des opportunités face à Sally Fitzgibbons qui est en pleine forme et remportera la compétition le lendemain prenant au passage de lycra jaune de leader du classement.


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